Une imprimante achetée 80 euros peut vous coûter plus de 400 euros en trois ans. Une autre payée 250 euros peut vous en coûter 270 sur la même période.
Le prix affiché en rayon ne dit rien de la dépense réelle, puisque la facture se joue presque entièrement sur les consommables. Le marché grand public se partage entre trois technologies dont les écarts de coût atteignent un facteur 40 sur la même page imprimée.
Le chiffre qui décide de tout
Le coût par page se calcule en divisant le prix du consommable par son rendement annoncé.
Une cartouche vendue 29,99 euros qui imprime 240 pages revient donc à 12,5 centimes la page. Un toner à 121,42 euros donnant 3 000 pages tombe à 4 centimes. Ce sont les tarifs publics relevés en août 2026 sur les boutiques en ligne des fabricants, avec les rendements normalisés ISO/CEI 24711 pour le jet d’encre et ISO/CEI 19752 pour le laser.
Cette norme mérite une précision. Elle mesure le rendement sur une page de test standardisée à environ 5 % de couverture, ce qui correspond à un courrier ordinaire. Si vous imprimez des documents denses, des tableaux avec aplats ou des présentations, le rendement réel descend nettement sous la valeur annoncée. Comptez une marge de 20 à 30 % dans vos calculs.
Un détail piège presque tous les acheteurs au premier rachat. Les cartouches livrées avec une imprimante neuve sont fréquemment des cartouches d’amorçage, remplies partiellement, dont le rendement se situe bien en dessous d’une cartouche du commerce. La machine paraît économique pendant trois semaines, puis le vrai coût apparaît.
Ce que coûtent réellement les trois familles
Sur 1 000 pages noires par an, soit une vingtaine par semaine, l’écart devient difficile à ignorer.
| Technologie | Coût par page noir | 1 000 pages par an | Prix machine d’entrée |
| Jet d’encre à cartouches | 12 à 15 centimes | environ 125 € | 60 à 100 € |
| Laser monochrome | 2 à 4 centimes | environ 40 € | 150 à 200 € |
| Réservoir d’encre | 0,3 à 1 centime | moins de 3 € | 200 à 370 € |
Le jet d’encre à cartouches repose sur un modèle économique connu. La machine est vendue à perte ou presque, le fabricant se rattrapant sur les consommables. Une HP DeskJet 2720e coûte 80 euros, ses cartouches de remplacement coûtent la moitié de ce prix et durent quelques centaines de pages.
Le laser monochrome inverse la logique. Une Brother DCP-L2540DN se négocie autour de 180 euros. Son toner TN-2420 tient en revanche 3 000 pages pour 55 à 75 euros, soit 2 à 2,5 centimes la page. Sur 1 800 pages annuelles, le budget consommable descend à 36 ou 45 euros.
Une subtilité mérite d’être connue sur cette famille. Chez Brother, le tambour se remplace séparément du toner, tous les 12 000 pages environ pour une centaine d’euros, ce qui ajoute près de 1 centime par page dans le calcul complet. D’autres constructeurs intègrent le tambour à la cartouche de toner, ce qui coûte plus cher à l’unité mais évite un achat périodique que l’on oublie systématiquement de budgéter.
Le réservoir d’encre écrase tout le monde sur le coût unitaire. Les gammes Epson EcoTank, Canon MegaTank et HP Smart Tank remplacent les cartouches par des bouteilles d’une dizaine d’euros qui impriment 4 500 à 7 500 pages chacune. Une Epson EcoTank ET-2860 est livrée avec de quoi sortir 7 500 pages en noir et 6 000 en couleur avant le premier rachat, ce qui place le coût réel autour de 0,3 centime la page en noir et 1 centime en couleur.
Un point mérite d’être signalé avant de sortir la carte bancaire. Les prix des consommables varient fortement d’un marché à l’autre, selon la fiscalité locale et les circuits de distribution.
Quelqu’un qui compare une Imprimante en Tunisie chez un revendeur comme Spacenet doit refaire le calcul avec les tarifs pratiqués sur place, parce qu’une machine bon marché associée à des cartouches difficiles à trouver localement finit toujours par coûter plus cher qu’un modèle mieux approvisionné.
Le seuil d’amortissement, ce que les guides se gardent d’expliquer
Vous trouverez sur le web deux réponses incompatibles à la même question. Certains affirment qu’un réservoir devient rentable dès 30 à 50 pages par mois, d’autres situent le seuil autour de 250 pages mensuelles.
Les deux camps ont raison, tout simplement parce qu’ils ne comptent pas la même chose. Le premier compare le coût d’encre seul. Le second intègre le surcoût d’achat de la machine.
Le calcul complet se pose facilement. Une EcoTank à 250 euros face à une jet d’encre à cartouches à 80 euros représente 170 euros de surcoût initial. L’écart de coût par page atteint environ 12 centimes, soit 12,5 centimes contre 0,4. Il faut donc imprimer à peu près 1 400 pages pour rembourser la différence.
Ce chiffre unique se traduit en durées très différentes selon votre usage. À 30 pages par mois, l’amortissement demande près de 4 ans, ce qui dépasse souvent la durée de vie utile d’une machine d’entrée de gamme. À 100 pages mensuelles, il tombe à 14 mois. À 300 pages, le surcoût est effacé en 5 mois.
La même méthode s’applique au laser. Face à une jet d’encre à 80 euros, un laser monochrome à 180 euros creuse 100 euros d’écart initial pour 10 centimes de gain par page, soit un amortissement autour de 1 000 pages.
Refaites ce calcul avec vos propres chiffres plutôt que de recopier un seuil trouvé en ligne. Comptez surtout vos pages des trois derniers mois au lieu d’estimer ce que vous croyez imprimer, car l’écart entre les deux est généralement du simple au triple, dans le mauvais sens.
Ce que le coût par page ne dit pas
Certains paramètres échappent complètement à ce calcul et peuvent renverser la décision.
L’inactivité pèse lourd sur les technologies à encre liquide. Une jet d’encre, à cartouches comme à réservoir, projette l’encre à travers des buses microscopiques qui s’obstruent si la machine reste éteinte plusieurs semaines.
Les cycles de nettoyage automatique consomment alors de l’encre sans imprimer une seule page, ce qui fausse tous les calculs théoriques. Un laser ignore ce problème, la poudre de toner ne séchant pas.
La couleur constitue l’autre grande variable. Un laser couleur reste cher à l’achat comme à l’usage, avec quatre toners à remplacer. Il ne rivalise pas non plus avec le jet d’encre sur les photos. Si vous imprimez régulièrement des images, le laser sort du jeu quel que soit votre volume.
Reste la question de l’endurance. Au-delà de 1 500 pages par mois, un laser professionnel reprend l’avantage sur le réservoir, autant par sa cadence que par une mécanique conçue pour encaisser ce rythme.
Un dernier élément échappe totalement aux fiches techniques. Certaines cartouches embarquent une date d’expiration dans leur puce et sont refusées par la machine une fois ce délai passé, même s’il reste de l’encre à l’intérieur. Le phénomène concerne surtout les acheteurs qui stockent des consommables d’avance en profitant d’une promotion.
Quel profil pour quelle machine
Si vous imprimez moins de 30 pages par mois et jamais de photos, un laser monochrome d’entrée de gamme reste le choix le plus sûr. Le surcoût d’achat se rembourse en un peu plus d’un an, sans compter que vous ne subirez jamais de buses bouchées après trois semaines sans imprimer.
Entre 50 et 300 pages mensuelles avec un besoin de couleur, le réservoir d’encre s’impose nettement. C’est le cas typique d’une famille avec des enfants scolarisés ou d’un télétravailleur qui sort des dossiers. Un multifonction avec chargeur automatique et recto verso, comme une EcoTank ET-4850 ou une Canon Maxify GX1051, se rentabilise en quelques mois.
Au-delà de 500 pages par mois en texte seul, le laser monochrome reprend la main sur la vitesse comme sur la robustesse.
Reste un cas où la jet d’encre à cartouches garde du sens, plus fréquent d’ailleurs qu’on ne le croit. Si vous imprimez cinq pages par trimestre, aucune machine ne s’amortira jamais. Prenez alors la moins chère, acceptez de racheter une cartouche tous les deux ans. Vous pouvez aussi passer par un point d’impression.
Ce qu’il faut vérifier avant d’acheter
Relevez la référence exacte du consommable de remplacement et son prix actuel, pas celui d’une promotion affichée sur la fiche produit.
Notez ensuite le rendement en pages avec la norme citée, puis divisez. Sur une machine couleur à cartouches, additionnez la cartouche noire et les cartouches couleur, car elles se remplacent séparément et une seule couleur épuisée bloque parfois toute l’impression, y compris en noir et blanc.
Vérifiez enfin la disponibilité locale de ce consommable et l’existence d’équivalents compatibles. Une machine dont les cartouches se commandent uniquement à l’étranger devient un piège dès la première rupture de stock.

Poser une question